Partir revenir

Partir revenir
Revenir repartir

Arpenter la salle
Des pas perdus
Toute perdue
Désorientée

La bousolle démagnétisée

Les rêves oubliés
Collée à la triste réalité
Du monde désenchanté

Partir revenir
Revenir repartir

Comme l’oiseau sur la branche
Jouer des mains et des hanches
Siffloter le dimanche
Et puis retrousser ses manches

Y penser oublier
Se souvenir, en rêver
S’y tenir et s’y perdre
S’en soucier s’en défaire

Ciels

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Ciels de perspectives infinies
Sur des ciels de matin
Neufs
Ciels de soirs
Aux jours
Plus morts que vifs
Ciels de matins calmes
Ciels d’après la nuit
Trop blanche
Ou trop noire
Ciel d’après nuée
Ciels de brumes
Aux bords des cils
Ciels de pains
D’épices
Ciels de soirs
De miel
Ciels mouillés
D’une attente
Sucrée

Ciels, ciels

Poème

Mon immeuble se fait beau
On y joue du marteau
Dès l’aube au boulot
La perceuse sans repos

Mon immeuble vibrillonne
Les murs tressautent et sonnent
Ma douce maison résonne
Tape, tape, tape et tonne

Mon logis a du pot
On lui fait le cadeau
D’une nouvelle peau
Et c’est très rigolo

Hymne à l’inventeur du bouchon d’oreille

Hymne à l’inventeur du bouchon d’oreille
A toi le protecteur des amants de Morphée
Toi qui sur nos rêves et nos cauchemars veille
Que tu sois ici à jamais remercié

On ne saura jamais qui tu es d’où tu viens
Ni comment cette idée dans ton esprit germa
Fille peut-être d’Ulysse attaché à son mât
Protégeant ses amis des sirènes par ses soins

On ne dira jamais la joie des douces pauses
D’une âme reconnaissante par toi rassérénée
Repose, ami très cher, que ton âme virtuose
S’unisse au souffle serein de nos sommeils réglés

Silences

Silences
A l’epaisseur
Du papier parchemin
si fragiles
Qu’on en parle
À peine
Et qu’on froisse
D’un claquement
De doigts
D’un battement de main
Silences
Si profond
Que le pourrait si perdre
En y suivant l’écho
D’une marche égarée
Silences si épais
Que le couteau renonce
Silences
Du bruissement des clochettes
Du muguet au vent de mai
Silences
Vous me manquez
O comme vous me manquez

Poème

Un poème du matin
Avant que le flot amer
Des nouvelles sinistres
N’emporte
Ce que le douce nuit
Apportait de repos
Au chagrin

Un poème du matin
Pour invoquer l’espoir
Et ces mots nobles
Qu’hier on chantait en refrain

Un poème pour tendre
La corde d’amitié
Offrir le brin de paix
Dérouler le fil rouge

Un poème pour trouver
La sortie du labyrinthe
Des cauchemars erratiques
Mettre un peu
La vie en musique
Se donner du bonheur
Et tracer un chemin

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Petit poème

Un poème du soir écrit au petit matin
Un poème du jour à lire dans les coins sombres
Un poème mouillé pour les jours de sécheresse
Un poème du matin quand le soir vous éveille
Un poème de la nuit quand tu n’as pas sommeil
Un poème câlin comme une caresse
Un poème bien aride quand la pluie tombe en trombe
Un poème à tenir dans le creux de la main

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